Ordre du jour

  • Le rapport social unique 2024
  • Le plan académique d’action égalité professionnelle et de diversité 2025-202

Notre déclaration liminaire

Madame la Rectrice [1],

Mesdames et messieurs les membres du CSA-A,

En ce qui concerne l’actualité de l’Éducation au niveau national, nous avons d’un côté le nouveau patron de l’enseignement catholique qui annonce en toute tranquillité utiliser les fonds publics pour promouvoir sa religion auprès des élèves et de l’autre, le nouveau ministre de l’Éducation (le 7ème depuis 3 ans) qui annonce à la télé [2] que le public ou le privé c’est la même chose. « Les enseignements y sont par nature les mêmes et doivent être les mêmes. Les règles y sont les mêmes. » À la CGT Éduc’action nous prenons le ministre au mot : ces deux réseaux concurrents sont les mêmes ? Alors pourquoi de deux ne pas en faire un seul en nationalisant les établissements privés sous contrat déjà financés à 75% par l’État ?

L’actualité, au niveau académique c’est l’ouverture la semaine dernière des états généraux de l’école pour tous (et toutes accessoirement). Ma camarade AESH et moi-même avons été très surprises de l’invisibilisation de la fonction des AESH dans la proposition d’école pour tous (voir toutes) de M. Ployé (hormis pour dire qu’elles sont source de souffrance pour beaucoup d’élèves accompagné·es). Nous avons compris que l’intervenant appelait de ses vœux le passage de la compensation à l’adaptation sur un modèle nord-américain. Mais, il a oublié de préciser qu’au Canada, dans les classes, il y a des personnels spécialisés. On les appelle éduc spé et c’est l’équivalent des AESH ici mais formé·es et mieux payée·es. Donc même le Canada est conscient que sans des personnels spécialisés dans le handicap, ça ne fonctionne pas. Nous nous sommes demandé si le Ministère avait d’ores et déjà des pistes pour la reconversion des milliers de personnels à tout le moins nécessaires à l’accueil de tou·tes les élèves.

En attendant les prochaines annonces à ce sujet, continuons sur la question des AESH (et des AEd). Nous profitons de ce CSA-A pour connaitre le protocole qui permettra aux services académiques de verser à l’ensemble des personnels ou ex-personnels ayant-droit rétroactivement au versement de la prime REP/REP+. Comment seront établies les listes de ces personnels ayant entre 2015 et 2022, travaillé dans un de ces 91 collèges ou écoles de l’académie ?

Puisqu’en ce 14 novembre, nous allons parler d’inégalités femmes/hommes, nous ne pouvons manquer de rappeler que depuis lundi dernier, 11h31, les femmes ont cessé, symboliquement, d’être rémunérées. En effet, à l’échelle nationale, tous emplois confondus ce sont 22.3% de différence entre un salaire masculin et féminin. Et c’est encore en deçà, dans notre académie, de la différence entre les rémunérations des femmes et des hommes non-enseignantes : 38.6% en net. Les salaires en dessous du seuil de pauvreté des AESH et ceux légèrement inférieurs au SMIC des catégories C, deux corps très largement féminisés y sont certainement pour beaucoup. La différence est moindre pour les enseignant·es (8.5% en moyenne), mais elle est encore trop importante.

Une des pistes, proposées par la lettre d’information « les glorieuses » pour éviter d’attendre jusqu’en 2167 que les inégalités disparaissent « naturellement », c’est de revaloriser les métiers à prédominance féminine. Elle rejoint une des principales revendications de la CGT Éduc’action (mais de bien d’autres OS également) : augmentez nos salaires !

Toujours au sujet des femmes, mais cette fois à propos de leur santé. Nous nous réjouissons de voir apparaitre la prise en compte des troubles menstruels invalidants (même si les limiter aux seuls SOPK3 [3] ou endométriose nous semble restrictifs. Quelle femme de cette assemblée, ne souffrant pas de ces maladies, n’a jamais ressenti de très fortes douleurs menstruelles qui l’ont empêchée de pouvoir correctement travailler ?). Donc, même si ce n’est pas ici que cela se décidera, permettez-moi de rappeler que le jour de carence en cas d’arrêt maladie pénalise particulièrement les femmes, et que sa suppression devrait être la première mesure à prendre dans le cadre de l’action pour la santé de celles-ci. La seconde étant la mise en œuvre d’un congé hormonal.

Dans cette même mesure 31, il est question de l’attention que le rectorat souhaite porter aux femmes en reprise d’activité après une longue maladie. Je vais me permettre une petite digression pour vous parler de Carole qui, après avoir mis 18 mois pour récupérer d’une rupture d’anévrisme, a réussi à revenir au travail. Lundi, elle a appris que la filière dont elle est la principale enseignante (19h/21) fermerait l’année prochaine car, selon son chef d’établissement, vous auriez, Mme la rectrice, décidé de fermer tous les CAP ne recrutant pas en sortie de 3ème. En termes d’adaptation du poste de travail, c’est quand même un peu radical, non ?

Enfin, nous terminerons par la situation brestoise. Pendant que les personnels de la cité scolaire de Kerichen, attendent l’annonce de votre visite, Mme la rectrice ; pendant que nous assistons désemparé·es à la naissance d’un monstrueux établissement, l’enseignement privé confessionnel et plus particulièrement la tutelle diocésaine avance ses pions en préparant la naissance d’une petite structure sur Saint Renan. Ils font ainsi directement concurrence au lycée de l’Amiral Ronarc’h : une attaque supplémentaire contre l’école publique !

Pourquoi lier les deux sujets ? Parce que comme pour le « campus de Kerichen » dont la création a été niée depuis de longs mois, l’ouverture d’un nouveau lycée privé l’est aussi. Quand découvrirons nous, au détour d’un communiqué de presse, que finalement nos craintes sont là aussi avérées ?

Nous aimerions savoir :

– quels moyens humains seront financés par le rectorat pour les 4 classes qui ouvriraient dans un premier temps ?

– quels moyens financiers publics seront déployés pour la construction du bâtiment qui serait prévue ?

A défaut de construire un nouveau lycée public pour les élèves du pays d’Iroise, peut-être serait-il judicieux de travailler avec la région Bretagne sur une meilleure fréquence des transports publics. Cela permettrait d’éviter que des élèves se lèvent très, très tôt pour finalement arriver bien avant le début des cours. Le bien être et de la santé des élèves sont annoncée comme étant « au cœur » de la politique éducative, il y a là un moyen d’agir concrètement.

Merci pour votre écoute (et nous sommes également à votre écoute Mme la rectrice pour fixer la date de notre première bilatérale)

[1] https://lesglorieuses.fr/10novembre11h31/

[2] BFMTV. 30/10/2025

[3] Syndrome des ovaires polykystiques

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