Ordre du jour

Déclaration liminaire CGT Éduc’action Bretagne
Madame la Rectrice,
Mesdames et messieurs les membres du CSA-A,
Ce CSA-A se tient dans un contexte où les personnels de l’Éducation nationale continuent de subir les conséquences de politiques budgétaires qui fragilisent le service public d’éducation, dégradent les conditions de travail et éloignent toujours davantage l’institution des besoins réels des élèves, des étudiant·es, des apprenti·es et des personnels.
Alors que le ministère et le rectorat multiplient les discours sur l’attractivité, la qualité de vie au travail et la fidélisation des personnels, la réalité est toute autre. Les salaires restent insuffisants, les conditions de travail continuent de se dégrader, les charges de travail explosent et les collectifs professionnels sont mis à rude épreuve.
Pour La CGT Éduc’action , les difficultés de recrutement ne sont uniquement liés à un problème de communication ou de «marque employeur». Si l’Éducation nationale peine à recruter, c’est d’abord parce que les métiers sont mal rémunérés, exercés dans des conditions de plus en plus difficiles et insuffisamment reconnus. Aucune campagne de promotion ne remplacera les augmentations de salaire, les créations d’emplois statutaires et l’amélioration concrète des conditions de travail.
Concernant le plan académique de formation, nous rappelons que la formation continue est un droit des personnels et non un outil de pilotage managérial. Elle doit répondre aux besoins exprimés par les agents, être accessible à toutes et tous, se dérouler sur le temps de travail et donner lieu à une prise en charge intégrale des frais engagés. Nous contestons une logique qui tend à individualiser les parcours professionnels tout en réduisant les moyens humains permettant aux personnels de partir effectivement en formation.
S’agissant du bilan de la feuille de route RH, la CGT Éduc’action constate que les politiques de ressources humaines déployées depuis plusieurs années s’inscrivent dans une logique de gestion des pénuries plutôt que dans une véritable politique d’amélioration des conditions de travail. Derrière les termes de «mobilité», «accompagnement des parcours» ou «attractivité», les personnels constatent surtout la multiplication des tâches administratives, l’intensification du travail et le recul des garanties collectives.
Les nouvelles règles des conditions générales d’utilisation des fiches RSST s’apparentent à une procédure bâillon, visant à limiter l’expression de ses agent·es. Nous réitérons donc notre demande faite par courrier de retirer les 3 derniers points des CGU, qui sont contraires aux principes généraux de prévention des risques Santé et Sécurité eu travail, à défaut de savoir et pouvoir les protéger.
D’autres sujets nous tiennent à coeur mais ne sont pas développés pour le moment : ré-accueil après un arrêt long, reconversion professionnelle vers des métiers en tension, conditions de travail des aidant·es, des personnels avec des problématiques médicales ou des personnels en situation de handicap avec des aménagements de poste, d’horaire, d’emploi du temps. La mise à jour des DUERP qui vient de prendre un nouvel essor avec le plan ministériel de gestion des vagues de chaleur.
Nous voulons également interpeller l’administration sur les violences sexistes et sexuelles subies par des élèves ou les apprenties dans le cadre de leurs PFMP et trop souvent invisibilisées. Les jeunes en formation, particulièrement les jeunes femmes, se trouvent fréquemment dans des situations de dépendance hiérarchique et économique qui rendent plus difficile encore la dénonciation des violences.
Pour la CGT Éduc’action, il ne peut y avoir aucune tolérance envers les violences sexistes et sexuelles. L’académie doit se saisir pleinement de cette question, notamment dans les lycées professionnels.
Nous demandons :
- un recensement et un suivi précis des signalements concernant les violences sexistes et sexuelles touchant les apprenti·es ou les élèves en PFMP ;
- la mise en place de procédures de signalement clairement identifiées et accessibles ;
- la formation conjointe des élèves ou apprenti·es par des personnels EN et de l’Inspection du Travail en amont des départs en entreprise ;
- la formation systématique des personnels encadrant les apprenti·es ou les élèves ;
- un accompagnement juridique, psychologique et social effectif des victimes ;
- la suspension immédiate des conventions avec toute structure où des faits de VSST sont relevés ou refusant de garantir la protection des jeunes accueilli·es.
Nous notons par ailleurs que l’académie met en avant des actions en matière d’égalité professionnelle et de lutte contre les discriminations. Ces intentions ne pourront produire d’effets qu’à condition d’être accompagnées de moyens dédiés, d’objectifs mesurables et d’une réelle transparence sur les résultats obtenus. Les violences sexistes, sexuelles, racistes, LGBTphobes ou validistes ne disparaissent pas par simple affichage institutionnel.
La CGT Éduc’action souhaite également alerter l’administration sur les conséquences très concrètes du changement climatique pour les personnels et les élèves de notre académie.
L’épisode caniculaire que nous venons de connaître a, une nouvelle fois, mis en évidence l’inadaptation d’une partie importante du bâti scolaire aux réalités climatiques actuelles. Dans de nombreux établissements, les températures observées dans les salles de classe, les ateliers, les bureaux administratifs ou les internats ont rendu les conditions d’enseignement et de passage des épreuves du bac pro, particulièrement difficiles, voire parfois dangereuses.
Cette situation n’a rien d’exceptionnelle. Elle se reproduira et à s’intensifiera. Pourtant, les réponses gouvernementales restent largement insuffisantes et reposent trop souvent sur la seule capacité des équipes à gérer localement des situations de crise.
Pour la CGT Éduc’action, l’adaptation de l’École au changement climatique ne peut plus être renvoyée à plus tard. Elle doit devenir une priorité de l’action publique. Cela suppose un plan massif de rénovation thermique des bâtiments scolaires, l’adaptation des locaux aux écarts thermiques, la végétalisation des espaces extérieurs, la mise à disposition d’espaces rafraîchis, ainsi que des protocoles clairs permettant de protéger réellement les personnels et les élèves lorsque les seuils de température deviennent incompatibles avec un fonctionnement normal des établissements.
Au-delà des discours sur la nécessaire transition écologique, nous attendons des moyens budgétaires à la hauteur des enjeux. La protection de la santé des élèves et des agents également de l’ensemble des populations doit constituer une priorité absolue.
Enfin, concernant la répartition des postes infirmiers, la création de trois emplois constitue une mesure bienvenue, mais largement insuffisante au regard des besoins constatés dans les établissements. Les personnels infirmiers jouent un rôle essentiel dans le suivi sanitaire, psychologique et social des élèves. Elle est ils sont en première ligne face à la dégradation de la santé mentale des jeunes, à l’augmentation des situations de précarité, aux violences intrafamiliales et aux problématiques de harcèlement. Les besoins nécessitent un plan ambitieux de recrutements permettant de mettre fin aux multi-affectations et d’assurer à minima une présence d’un personnel infirmier dans tous les établissements du secondaire.
Pour la CGT Éduc’action, l’École publique a besoin d’une autre politique : des recrutements massifs de personnels titulaires, une augmentation générale des salaires, des moyens à la hauteur des besoins des établissements, le renforcement des services sociaux et de santé, d’un plan massif de rénovation du bâti scolaire incluant tous les services, ainsi qu’une véritable démocratie sociale permettant aux personnels et à leurs représentant·es d’être pleinement associés aux décisions.
La CGT Éduc’action continuera à porter les revendications des personnels et à défendre un service public d’éducation ambitieux, émancipateur et accessible à toutes et tous.


