Le lundi 26 octobre, après plus d'un mois de blocages et de manifestations, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray et le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste ont présenté leurs réponses au mouvement lycéen, à l'issue d'une réunion dite de « sortie de crise » avec les organisations syndicales. Nous avons comparé ces annonces aux 10 mesures d'urgence portées par les principales organisations lycéenes et étudiantes progressistes.

Revendications et annonces

RevendicationAnnonce du 26 octobreNotre lecture
Bâti : plan d'urgence de rénovation des lycées et universités (chaleur, froid, sanitaires, entretien)4 Md€ de prêts à taux bonifié aux régions et départements d'ici 2030, 1 Md€ pour les universités. S'ajoute au 1,5 Md€ déjà engagé pour les lycées. Hausse du Fonds vert.Des prêts, pas des crédits d'État. Aucun contrôle de l'usage des fonds annoncé. Le Fonds vert avait d'abord été réduit.
Personnels : plan massif de recrutement, 1 infirmier·ère, 1 psychologue et 1 conseiller·ère d'orientation pour 500 élèves, postes titulaires, statut des AESH500 postes supplémentaires au PLF 2027, 920 postes pour les remplacements, 500 postes de personnels sociaux, de santé et de psychologues. Renoncement à 800 suppressions de postes dans le second degré.Très insuffisant au regard des besoins. Sur les AESH, pourtant indispensables à une inclusion digne, notamment en lycée professionnel : rien.
Rythmes : refonte des rythmes scolaires, retour sur la réforme du lycée, pause méridienne d'au moins 1h30Pause méridienne d'au moins 1 h dès la rentrée 2027. Options de la réforme Blanquer maintenues mais limitées à trois. Groupe de travail sur le contrôle continu.Aucune annonce précise sur les ajustements à venir. Nous continuons de demander l'annulation de la réforme Blanquer, la fin du contrôle continu et le retour d'épreuves nationales.
Supérieur : 250 000 places dès 2027, fin de la sélection (Parcoursup, Mon Master)15 000 places : 10 000 en BTS, 4 000 en BUT, 1 000 en santé. Parcoursup ajusté en 2027 (critères transparents, refus motivés), nouvel outil en 2028.Les 10 000 places en BTS ne répondent pas aux quelque 100 000 élèves sans affectation. Les jeunes réclament la fin de Parcoursup, pas des ajustements : la sélection tient au manque de places et à la loi ORE.
APL : abandon du gel, revalorisation, rétablissement pour les étudiant·es étranger·esIls ont oublié d'y réfléchir…
Crous : moyens pour garantir le repas à 1 €Ils ont oublié d'y réfléchir…
Étudiant·es étranger·es : suppression de « Bienvenue en France » et des frais d'inscription différenciésIls ont oublié d'y réfléchir…
Bourses : +200 €, versées sur douze mois, 300 000 bénéficiaires de plusBourses étudiantes sur critères sociaux indexées sur l'inflation dès la rentrée 2027.Une indexation, pas une revalorisation. Rien sur les bourses lycéennes ni sur le doublement des fonds sociaux (en baisse de 20 %) : aucune réponse obtenue.
Démocratie lycéenne : plus de sièges aux conseils d'administration, scrutins de liste et direct pour les CVL et CAVLDoublement des sièges des organisations lycéennes dans certaines instances nationales, entrée de lycéen·nes de la voie professionnelle.Des instances consultatives. Rien sur les conseils d'administration des lycées ni sur le mode de scrutin des CVL et CAVL.
Répression : poursuites contre les violences policières, absences liées à la mobilisation ni comptées ni sanctionnéesIls ont oublié d'y réfléchir…Aucune annonce. Les organisations lycéennes doivent être reçues par le ministre de l'Intérieur.

Ce que le ministre a ajouté

Trois annonces ne correspondent à aucune des 10 mesures :

  • Seconde plafonnée à 28 élèves, dès la rentrée 2027 dans les lycées dits « les moins favorisés », puis dans les autres à la rentrée 2028. Les critères sont flous, alors que nous revendiquons le retour des lycées dans l'Éducation prioritaire.
  • Réduction du nombre d'élèves par groupe de spécialité en première et terminale, sans détail à ce stade.
  • Accompagnement à l'orientation dès la seconde. Et pourquoi pas « dès le départ, presque depuis la maternelle », comme l'avait suggéré Élisabeth Borne alors Première ministre ?

Des annonces très largement insuffisantes

Quelques avancées timides sont à noter, mais le compte n'y est pas. Dans un contexte économique dégradé, où le taux de pauvreté a augmenté depuis 2017 et où près d'un·e lycéen·ne sur quatre travaille pendant l'année scolaire (un sur trois dans la voie professionnelle), l'absence de revalorisation substantielle des bourses et des fonds sociaux est particulièrement choquante.

La consultation du ministère, qui a recueilli plus de 100 000 contributions, ne peut pas servir à balayer les revendications des organisations de jeunesse, fortement exprimées dans la rue. Les jeunes attendent des réponses politiques et budgétaires qui leur permettent d'étudier et de réussir dans des conditions dignes. Ces mesures doivent en outre se traduire par des amendements au budget 2027 : rien n'est encore garanti.

Mobilisons-nous

La CGT Éduc'action appelle à amplifier la mobilisation :

  • samedi 31 octobre, là où c'est possible, en manifestant aux côtés des jeunes ;
  • jeudi 5 novembre, journée interprofessionnelle de grève, pour renforcer le rapport de force.

Téléchargez le communiqué national

Partagez cet article sur votre réseau social

Leave A Comment