Elles et ils font tourner les établissements au quotidien. Pourtant, on parle peu des personnels administratifs. À la CGT Éduc'action Bretagne, nous les défendons toute l'année. Dernier combat en date : le droit au télétravail.

Secrétaires, adjoint·es gestionnaires, agent·es des services administratifs : sans elles et eux, pas d'inscriptions, pas de paies, pas d'examens. Dans cette filière, 84 % des personnels sont des femmes. Beaucoup sont en catégorie C et B. Leur salaire tourne autour du SMIC, et bien en dessous à temps partiel. Carburant, inflation, point d'indice gelé : elles et eux paient le prix fort. Notre employeur bien moins !

Pour la CGT Éduc c'est le dégel du point d'indice et le rattrapage d'années sans augmentation qu'il faut obtenir, mais en attendant, il existe des moyens de rapidement desserrer l'étau qui pèse sur les personnels les plus précaires

Le télétravail : un droit qui reste sur le papier

Les textes existent. Le décret n° 2016-151 encadre le télétravail dans la fonction publique. Dans l'académie, la circulaire du 16 juin 2025 prévoit trois formules pour les personnels administratifs en EPLE :

  • 10 jours flottants par année scolaire ;
  • 1 jour fixe par semaine ;
  • 1 jour fixe par semaine + 5 jours flottants.

Plus récemment, face à la montée des prix du carburant, la circulaire du 5 mai 2026 va plus loin. Elle demande aux services de recourir davantage au télétravail : jusqu'à trois jours par semaine pour un temps plein. Elle demande aussi de traiter les demandes « avec célérité ».

Sur le terrain, c'est une autre histoire. Au mieux, les chef·fes d'établissement accordent dix jours flottants par an. C'est moins d'un jour par mois. Beaucoup de collègues voudraient une journée par semaine. On la leur refuse. Certain·es n'osent même plus la demander.

Des refus pour de mauvaises raisons

Nous avons recueilli les témoignages des collègues. Les motifs de refus reviennent souvent. Ils ne tiennent pas.

  • « Vous êtes à temps partiel. » Aucun texte n'exclut les agent·es à temps partiel. Le plafond est fixé pour un temps plein : il doit être proratisé, pas supprimé. À temps partiel, on est payé·e moins, mais le poste n'est pas complété. Toute la charge reste à faire. Refuser le télétravail, c'est faire payer deux fois ce choix.
  • « Ce n'est pas pareil quand vous n'êtes pas là. » Justement. Quand elle ou il est présent·e, la ou le secrétaire gère aussi le standard, le portillon, l'accueil du public. Dans les collèges, l'accueil est une mission du Département, selon le Code de l'éducation. Ces interruptions permanentes épuisent les collègues et abîment leur santé. On ne peut pas refuser le télétravail au nom de tâches qui ne sont pas les leurs. Nous avons d'ailleurs déjà porté cette question auprès du Conseil départemental du Finistère : lire notre article sur la rencontre avec le président du CD29.
  • « Nous n'avons pas de matériel. » La circulaire académique est claire : les personnels en télétravail sont équipés, au minimum d'un ordinateur portable. C'est à l'employeur de fournir le matériel. Ce n'est pas un motif de refus.

Autre problème : la plateforme Colibris. Elle ne propose que trois réponses : accord, modification, refus. Aucun motif, aucun délai, aucun recours. La « modification » permet de refuser sans le dire. Elle efface en plus la demande de départ. Résultat : personne ne peut mesurer le vrai besoin des collègues.

Rappel : selon le décret de 2016, tout refus doit être précédé d'un entretien. Il doit être motivé. Et il peut être contesté devant la CAP ou la CCP. Une nécessité de service, ça se démontre. Ça ne se présume pas.

Nous avons écrit à la Rectrice

Le 26 septembre 2026, la CGT Éduc'action Bretagne a adressé un courrier à la Rectrice de l'académie de Rennes. Nous demandons :

  • une consigne écrite aux chef·fes d'établissement pour que la circulaire du 5 mai 2026 soit appliquée ;
  • une journée de télétravail par semaine pour les volontaires, en plus des dix jours flottants ;
  • que le temps partiel ne soit plus un motif de refus ;
  • un entretien et une réponse écrite et motivée avant tout refus, avec les voies de recours (CAPA ou CCP) ;
  • une plateforme Colibris corrigée : la demande de départ ne doit plus être effacée, et une réponse motivée doit arriver sous un mois ;
  • un accueil assuré par des personnels dédiés, avec une intervention auprès des Conseils départementaux et l'inscription du sujet à la prochaine F3SCT académique ;
  • un bilan chiffré (demandes, accords, modifications, refus et motifs) présenté au CSA académique et en F3SCT.

Pour des agent·es payé·es au niveau du SMIC, une journée de télétravail par semaine n'est pas un confort. C'est du pouvoir d'achat en plus. Ce sont de meilleures conditions de travail.

Un combat parmi d'autres

Le télétravail n'est qu'un exemple. Toute l'année, la CGT Éduc'action porte les revendications des personnels administratifs :

  • Des salaires dignes : un point d'indice indexé sur l'inflation et le rattrapage des pertes depuis 2010. Les primes doivent être intégrées au salaire. Et un véritable déroulement de salaire doit être permis par la mise en place de vouvelles grilles.
  • La reconnaissance du travail réel : un vrai plan de requalification. Nous voulons que les secrétaires de direction de catégorie C passent en B, et les secrétaires généraux·ales en A. Il faut requalifier les personnes et pas seulement les postes.
  • Des postes à hauteur des besoins : la filière a perdu 13 000 postes depuis 2007. Les services sont sous-dotés, les heures supplémentaires rarement payées. Nous demandons des créations de postes, en EPLE comme dans les services.
  • Du temps pour vivre : les 32 heures, le droit au télétravail jusqu'à 2 à 3 jours par semaine et le droit à la déconnexion.
  • Des outils qui aident au lieu d'épuiser : Op@le et les autres logiciels ont alourdi la charge de travail. Nous exigeons des formations avant chaque déploiement et la prise en compte de l'avis des personnels.
  • La reconnaissance des compétences acquises à la suite des déploiements des nouveaux outils de plus en plus complexes.

Nous portons ces questions dans toutes les instances : CSA académique, F3SCT, CAPA. Et nous accompagnons les collègues au quotidien, dans leurs démarches comme dans leurs recours. Personne ne doit rester seul·e face à un refus.

Du 3 au 10 décembre 2026, votez CGT !

Les élections professionnelles auront lieu du 3 au 10 décembre 2026. Ce vote désigne celles et ceux qui vous représenteront pendant les prochaines années. Plus la CGT sera forte, plus notre voix pèsera face à l'administration.

Pour le télétravail, pour les salaires, pour la reconnaissance de votre travail : du 3 au 10 décembre, votez et faites voter CGT Éduc'action !

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2 commentaires

  1. […] Enfin, la CGT Educ’action souhaite soumettre un avis sur le télétravail des personnels administratifs en EPLE et leurs conditions de travail. […]

  2. […] Enfin, la CGT Educ’action souhaite soumettre un avis sur le télétravail des personnels administratifs en EPLE et leurs conditions de travail. […]

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