Un changement de méthode : Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, lance une expérimentation de construction de la carte scolaire fondée sur les réalités démographiques et géographiques locales, menée dans dix-huit départements selon son annonce de jeudi dans un communiqué. Dans l’académie de Rennes, seule académie où 2 départements feront partie de l’expérimentation, ce sont les Côtes-d’Armor et le Finistère qui essuieront les plâtres.

Selon le communiqué, « l’expérimentation repose sur un changement de méthode. À partir d’une projection démographique pluriannuelle, les acteurs de ces territoires travailleront ensemble leur carte scolaire au regard de différents critères, notamment les effectifs attendus et les contraintes de transport propres à chacun. C’est à partir de ce travail que sera ensuite déduit un schéma d’emploi cohérent, qui sera présenté en loi de finances. » Hormis la question des contraintes de transport qui semble nouvelle, il nous semble que la méthode annoncée est très proche de l’ancienne : utiliser la baisse démographique pour justifier la fermeture de postes

En revanche, si on couple cette annonce au dernier rapport de la cour des comptes sur les collèges, on commence à se dire que « cette nouvelle approche [qui] replace pleinement l’École au cœur des enjeux d’aménagement du territoire » nous prépare des lendemains peu chantants !

  • fermeture des petits collèges qui « coutent cher » aux départements ;
  • création de réseaux écoles-collèges pour arriver à des établissement calibrés à 500/600 élèves ;
  • développement des internats ruraux ;
  • possibilité pour les enseignant·es de travailler soit dans le collège public, soit le privé voisin ;
  • transformation des « collèges désertés » en un « lieu de service polyvalent pour la communauté dont il représente un élément structurant avec, par exemple, un accueil périscolaire ou des infrastructures sportives« …

Étrangement, le rapport souligne que « dans les six collèges ruraux nivernais et vendéens visités, la présence des adultes, relativement plus importante, est soulignée comme rassurante par la communauté éducative et les parents. Dans les établissements ruraux, le climat scolaire est perçu comme plus apaisé qu’en milieu urbain« …Qui l’aurait dit ? Mais bref…au lieu de saisir la chance d’avoir des établissements avec un meilleur encadrement, les propositions se bornent surtout à diminuer l’investissement dans l’École publique et à trouver des manières d’augmenter le financement du secteur privé sous contrat.

Retrouvez le rapport complet.

Pour la CGT Éduc’action Bretagne, ces propositions formulées dans la même, ancienne optique macronienne : se désengager du « coût » du système éducatif public, ne sont pas acceptables. Pour combattre ce projet, il nous faudra engager une lutte collective. En effet, s’organiser établissement par établissement ou école par école pour gagner des moyens au détriment des autres ne nous mènera qu’à la victoire de celles et ceux qui refusent d’investir massivement dans la jeunesse, toute la jeunesse : pauvre comme riche, urbaine comme rurale.

Pour cela, nos militant·es dans les écoles, établissements et services sont présent·es pour mettre les moyens de la CGT au service de cette lutte collective. Par ailleurs, nous travaillerons en intersyndicale avec les organisations progressistes et prêtes à réellement défendre une école émancipatrice !

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