Déclaration liminaire

Madame la Rectrice, Monsieur le Secrétaire Général

Mesdames, Messieurs, membres de la F3SCT académique,

Alors que les exemples de sujets de travail pour la prévention des risques professionnels ne manquent pas, l’académie de Rennes décide de modifier les « Conditions Générales d’Utilisation » du RSST les rendant contraires aux principes généraux de prévention des risques Santé et Sécurité au Travail.

La CGT Éduc’action proposera des avis sur ce sujet.

Les deux épisodes caniculaires de mai et juin rappelle tristement la gestion chaotique de la période Covid. On assiste une nouvelle fois à un enchaînement de réunions ministérielles « vague de chaleur » qui n’aboutissent qu’à des « directives » adressées aux directions académiques et rectorats, sans cadre national ni consignes claires. Les aménagements sont décidés localement et à géométrie variable : une fois de plus, les personnels colmatent les manques institutionnels.

Rien que dans le département d’Ille et Vilaine, près de 500 fiches liées à la canicule ont été rédigées depuis le 15 juin 2026. Face à cette situation catastrophique et dangereuse pour la santé de tout le monde, il n’est plus l’heure de tergiverser, les autorités doivent prendre leurs responsabilités quant à la protection des personnels et des élèves. La CGT Éduc’action continuera donc de déposer des DGI quand elle le jugera nécessaire.

Pour le ministre Édouard Geffray, c’est aux collectivités d’investir dans l’adaptation du bâti face au dérèglement climatique. Son plan Canicule reste sur du descriptif-prescriptif sans contrainte ni engagement concret de la part de l’État, tout en renvoyant à la seule responsabilité des collectivités territoriales et des personnels… Depuis des années, la baisse des subventions de l’état et l’asphyxie budgétaire des collectivités par les gouvernements Macron empêchent par exemple la rénovation du bâti scolaire ! Rappelons que le Fonds vert a été divisé par 4 en 2 ans, passant de 2,5 milliards d’€ à 850 millions. C’est bien à l’État-employeur de mettre les moyens afin que les personnels exercent dans des conditions dignes et sécurisées.

Quatre propositions majeures ont été faites dans un plan clair et chiffré du rapport « L’école bien dans ses murs », rendu public en septembre 2025 par l’Alliance Écologique et Sociale (AES) dont la CGT Éduc’action fait partie entre autres syndicats et organisations. Nous tenons ce rapport à disposition du ministère si l’idée lui venait de s’en inspirer !

D’autre part, l’inclusion scolaire sans les moyens dédiés est source de souffrance pour les personnels, les élèves et les familles. Le mois dernier, les député·es ont rejeté la généralisation des pôles d’appui à la scolarité (PAS). La mise en place des premières expérimentations s’est faite de façon unilatérale par le ministère, sans négociation ni prise en compte des oppositions des organisations syndicales. De même,

aucun bilan objectivé sur les moyens et les effets n’a été rendu public (malgré nos demandes répétées). On a assisté, de la part du ministère et des pouvoirs publics, à une campagne de promotion s’apparentant à de l’auto-persuasion. Il est également urgent d’en finir avec l’amalgame consistant à présenter les élèves dits « hautement perturbateurs » comme relevant systématiquement du handicap. Cette confusion, entretenue pour masquer le manque de moyens, dévoie la notion même de handicap et fait peser sur les AESH et les enseignant·es des missions qui ne sont pas les leurs. L’accompagnement de situations éducatives, psychologiques ou comportementales complexes relève de professionnel·les du médico-social. L’Éducation nationale doit donc garantir leur présence effective dans les écoles et les établissements. La CGT Éduc’action réaffirme la nécessité d’accueillir tous·tes les élèves à l’École, mais aussi le fait qu’ils et elles soient accompagné·es par des personnels formés et en nombre suffisant.

Dans son programme annuel de prévention, l’académie souhaite « renforcer l’inclusion des personnels en situation de handicap ou d’inaptitudes » avec notamment la « construction d’un réseau de correspondants handicap ». La CGT Éduc’action soutient cet axe mais factuellement, comment agir quand le Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique FIPHFP reste gelé ? Alors que les besoins en aménagement devraient être soutenus, l’absence de budget conséquent empêche la prise en compte de préconisations médicales ou d’aménagements liés à des situation de handicap pour certains personnels.

La santé des personnels, c’est aussi la santé des femmes. Les femmes ont dû se conformer à une organisation du travail profondément androcentrée et inégalitaire qui dénie les problématiques de santé qu’elles peuvent rencontrer tout au long de leur vie comme de leur carrière. Si les tabous relatifs aux menstruations, à l’endométriose, à la ménopause ou encore aux parcours de PMA ou de transition se fissurent et qu’une prise de conscience émerge peu à peu, il reste du chemin à parcourir. La CGT Éduc’action revendique la création d’un congé de santé hormonale.

Au cours de leur carrière, 30 % des salariées en France ont déjà subi du harcèlement ou des agressions sexuelles sur leur lieu de travail, 9 % déclarent avoir déjà eu un rapport sexuel forcé ou non désiré avec une personne de leur milieu professionnel, 10 viols ou tentatives de viol ont lieu chaque jour sur un lieu de travail.

Ces violences, massives, ne sont pas une fatalité. Elles résultent de l’inaction des pouvoirs publics et des employeurs : seuls 20 % d’entre eux ont mis en place de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles, mais la plupart de ces plans de prévention sont des coquilles vides.

C’est pourquoi la CGT appelle, avec d’autres organisations féministes et enfantistes, à une manifestation samedi 4 juillet pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles en portant plusieurs mesures urgentes pour éradiquer les violences au travail.

Ordre du jour

Charte des élu·es et mandaté·es CGT

Diaporama diffusé

By Published On: 2 juillet 2026Categories: F3SCT-A0 Comments on F3SCT-A du 3 juillet 2026

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