
Le ventre noué avant une visite, la peur du jugement qui plane sur une séance pourtant préparée avec soin : cette angoisse touche la quasi-totalité des stagiaires. Elle n’a rien d’anormal, mais elle ne doit pas vous empêcher de comprendre ce qui est réellement en jeu lors de ces visites et quels sont vos droits.
Qui vient vous voir et pourquoi
Votre tuteur ou tutrice (ou conseiller·ère pédagogique selon les corps) vous accompagne tout au long de l’année : accueil, conseil, aide au quotidien et évaluation formative. C’est la personne censée être la plus proche de vous dans cette première année, celle à qui vous pouvez poser toutes vos questions sans crainte d’être jugé·e.
À cela s’ajoutent des visites plus formelles, qui donnent lieu à un rapport écrit : selon l’académie et le corps, un·e formateur·rice de l’INSPE ou l’inspecteur·rice (IEN en premier degré, IA-IPR en second degré) effectue une visite conseil. En général, deux rapports jalonnent l’année : l’un en décembre, l’autre avant le mois de mai. Ces rapports doivent être formatifs : ils ont pour but de vous aider à repérer vos points forts et vos points de vigilance et de construire avec vous des pistes de progrès. Ils ne doivent pas venir sanctionner une prestation unique.
Ce que ces visites ne sont pas
Une visite de décembre n’est pas un couperet. Ce n’est pas non plus, à elle seule, ce qui décide de votre titularisation : l’avis qui compte réellement pour la commission de fin d’année s’appuie sur l’ensemble du stage — avis du tuteur ou de la tutrice, du chef ou de la cheffe d’établissement (ou de l’IEN en premier degré) et avis de la direction de l’INSPE, examinés globalement, pas sur la seule photographie d’une heure de cours. Garder cela en tête permet de relativiser l’enjeu d’une visite isolée, aussi stressante soit-elle.
Comment aborder la visite plus sereinement
- Ne visez pas la séance parfaite et artificielle : montrez une séance représentative de votre travail réel. Une visite qui ne ressemble à rien de ce que vous faites d’habitude n’aide personne. Ni vous qui vous mettez en difficulté, ni l’évaluateur qui ne pourra vous donner de conseils utiles.
- Préparez un support simple et anticipez deux ou trois points que vous savez fragiles : les assumer à l’oral, lors de l’entretien qui suit la visite, est perçu bien plus positivement que de les découvrir dans le rapport.
- Si le rapport ne vous est pas transmis spontanément, demandez-le : c’est un droit, pas une faveur. Vous devez pouvoir le lire, en discuter et comprendre ce qui est attendu de vous.
- Utilisez le temps entre les deux visites pour agir concrètement sur les points faibles identifiés avec votre tuteur ou tutrice et l’INSPE. En décembre, il est encore temps de construire des remédiations ; en mai, c’est souvent trop tard pour que cela se voie dans le second rapport.
Si le premier rapport est mauvais ou si le dialogue est rompu
Un rapport décevant, voire sévère, ne doit jamais rester sans suite silencieuse de votre part. Sollicitez un échange avec votre tuteur ou tutrice pour comprendre précisément ce qui est attendu. Si les éléments négatifs persistent, faites de même avec votre responsable de formation à l’INSPE. Si vous sentez que l’accompagnement promis (tuteur disponible, visites formatives, retours constructifs) n’est pas au rendez-vous, c’est le moment de le signaler.
Ne restez pas isolé·e : contactez la CGT Éduc’action dès les premiers signaux inquiétants, pas seulement en cas de crise. Nous pouvons vous aider à vérifier que les conditions d’accueil et d’accompagnement prévues par les textes ont bien été respectées, vous conseiller sur la façon de répondre à un rapport critique et vous accompagner dans vos échanges avec l’administration si la situation se tend.
À retenir
Les rapports de visite doivent être formatifs : ils servent à vous aider à progresser, pas à vous piéger.
Vous avez le droit de consulter le rapport rédigé sur vous. Demandez-le s’il ne vous est pas transmis.
Agir dès le premier rapport, plutôt qu’attendre mai, change concrètement la suite de l’année.




